2e dimanche de l’Avent 2019

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (3,1-12)

En ces jours-là, paraît Jean le Baptiste, qui proclame dans le désert de Judée : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. » Jean est celui que désignait la parole prononcée par le prophète Isaïe : ‘Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.’ Lui, Jean, portait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins ; il avait pour nourriture des sauterelles et du miel sauvage. Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés. Voyant beaucoup de pharisiens et de sadducéens se présenter à son baptême, il leur dit : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ? Produisez donc un fruit digne de la conversion. N’allez pas dire en vous-mêmes : “Nous avons Abraham pour père” ; car, je vous le dis : des pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham. Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Il tient dans sa main la pelle à vanner, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera son grain dans le grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

CONVERSION INITIALE

Le temps se fait court. Jean le Baptiste nous dit que le Royaume est « tout proche ». Il y aurait des choses à dire sur ce Royaume… Quel est-il? C’est en fait son roi qui vient. Et le meilleur moyen de savoir si l’on se sent concerné, c’est de regarder comment on s’y prépare. Comment cet avènement nous met en mouvement ? Qu’est-ce qui se met en route en nous ? La peur, comme les pharisiens et sadducéens qui viennent à Jean-Baptiste pour recevoir de lui l’assurance d’être du bon côté du vent ? Ou bien le coeur qui s’apprête à recevoir celui dont il tient la vie? Extérieurement, la démarche est la même. Recevoir le baptême d’eau de Jean-Baptiste n’est pas encore entrer dans son invitation à la conversion. Il faut le feu. Pour qu’il y ait conversion, il faut le feu de la vérité. Il faut le creuset de l’amour qui se saisit de tout notre être et le retourne. Il faut l’embrassement de la lumière. Il vient. C’est un présent qui nous bouscule, une certitude qui nous ébranle. Désormais le temps porte le beau nom de l’attente. Cette attente, elle nous ressemble. La manière dont cette venue nous saisit, nous emplit d’une lumière toute particulière n’est pareille à aucune autre. Mais elle porte elle aussi un nom: c’est la foi. Attendre notre roi, c’est l’avoir déjà là dans le coeur. C’est vivre avec dès maintenant. Le présent prend sa couleur. Tout est teinté de la joie qui s’annonce, comme un chant que l’on entend au loin et dont on discerne toujours mieux les paroles à mesure qu’il se rapproche. La conversion est le prélude à l’amour. Pas la condition, mais le signe de sa réception. Si le coeur ne se retourne pas, c’est qu’il n’a pas encore entendu tout au fond de lui cette rumeur de l’amour. Il n’y prête pas attention. Il ne s’y risque pas. Il n’y mêle pas sa voix ni sa chair. Il n’est pas encore entré dans le brasier de la vérité pour vivre dans la liberté du Dieu d’amour. Jean-Baptiste est l’avocat de l’inaudible. Il crie dans le désert une vérité qu’il porte en lui dans toute sa radicalité. Il vient. Et il ne peut rien faire d’autre que d’en être le porte-voix, le témoin pour les autres, celui qui atteste de l’ébranlement intérieur de ceux qui viennent à lui. La peur nous tient à l’extérieur de nous-mêmes. L’amour nous y entraîne. Voici l’Agneau de Dieu qui vient, atteste Jean-Baptiste. Et c’est pour nous. C’est maintenant. Le temps est mûr et livre son fruit: eucharistie.

Marie-Dominique Minassian
Equipe Evangile@Peinture

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