Évangile selon saint Matthieu ( 10, 26-33)

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Ne craignez pas les hommes ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu. Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés.
Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux. Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

 

PROCESSUS PASCAL

Ces paroles de Jésus étaient pour ses 12 disciples qu’il venait d’appeler pour les envoyer chargés de son Évangile. Alors qu’il évoque sans détour les tribulations qui les attendent, mais aussi l’assistance de l’Esprit au cœur du pire, il en vient à pointer l’obstacle majeur pour l’apôtre: la crainte qui paralyse, entrave le mouvement, et replie sur soi. La crainte met en danger l’Évangile en soi. Puis la mission se délite avec la force du lien à l’envoyeur qui se dilue. Jésus remet au coeur de ses disciples le souci du Père pour chacun d’eux. Aucune éclipse dans ce soin du Père. C’est le port d’attache de tout missionnaire de l’Évangile, le relais d’étape où refaire ses forces à chaque instant. Jésus n’a rien fait d’autre que de prendre appui ainsi dans le Père. Ses angoisses y ont trouvé refuge. Les tribulations perdent alors leur pouvoir de mort dans la force de cet attachement que le Père a pour chacun de nous.
Les apôtres ont ainsi commencé leur processus pascal, l’orientation décisive de leur existence vers leur source vitale. Leur être missionnaire repose sur ce dynamisme de fond. Les disciples deviennent des envoyés. Ils acceptent d’entrer dans le point de vue d’un autre. Ils quittent leur quant-à-soi pour porter le message d’un autre qui les requiert corps et âme. L’Évangile amène à ce point d’origine qui nous remet en genèse et dresse la croix comme le porte-voix des enfants du Père. Son grand désir que tous aient la vie nous traverse et surmonte nos obstacles intérieurs. “Ne crains pas”, susurre à chaque instant l’Esprit de celui qui nous conduit. Sa présence évacue toute crainte. L’amour radieux disperse toute hésitation. La force d’attraction est déjà à l’œuvre pour faire basculer dans le Royaume tous ceux qui le choisissent.
Cet exode pascal fait le témoin. Il offre au monde de voir le fruit d’une vie saisie par l’amour, affranchie du souci de soi, déliée par le bien supérieur qui l’habite. Le monde en a besoin. On a besoin de cet amour tangible et concret qui donne courage dans les tribulations qui ne manquent pas. Soyons donc pour les autres cet espace paisible où l’on touche du doigt la main du Père.

 

Marie-Dominique Minassian

Equipe Evangile&Peinture

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