Évangile selon saint Matthieu (18, 21-35)
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
BONTÉ OBLIGATOIRE
Pleine lumière sur une nécessité de la vie selon le Royaume. Ce récit nous pousse à nous souvenir de notre propre condition. Le détour par la parabole et la disproportion de la situation de dette frappe.
L’amnésie nous guette sans cesse. De quelle bonté sommes-nous redevables? Cette anamnèse devrait envahir chaque cellule de notre corps. Nous devrions nous souvenir de notre prosternation dans l’humiliation et le poids de la dette. Nous devrions nous souvenir de l’attente de verdict et de ce temps suspendu à la bonté de l’autre. Nous devrions nous souvenir du soulagement immense que nous avons ressenti au moment où le poids de la dette s’est envolé. Nous devrions nous souvenir de la joie ressentie. Nous devrions nous souvenir de la liberté nouvelle qui s’est redressée. Nous devrions nous souvenir de celui qui nous a remis debout.
Nous ne devrions jamais quitter ce bout de mémoire-là, ce point de contact avec la vie restaurée, redonnée, lavée de toute humiliation. C’est notre être reconnaissant qu’il ne faudrait jamais quitter. C’est ce territoire intérieur en dette de bonté qu’il ne faudrait jamais quitter. Nous ne serons jamais acquittés du poids d’amour qui nous tient dans la vie depuis toujours. Il nous oblige de toutes parts sous peine de mourir sous le poids de la dette de l’iniquité. I
Il faut choisir notre dette. L’une nous rend libres et beaux, l’autre nous défigure et nous garde dans sa prison. Tournons-nous vers toutes ces dettes de bonté qui émaillent notre quotidien et n’arrêtons pas ce geste qui vient du cœur de Dieu lui-même qui n’en finit de choisir le canal de nos vies pour dire quelque chose de lui. Le Royaume compte sur nous. C’est d’eucharistie qu’il s’agit.
Marie-Dominique Minassian
Equipe Evangile&Peinture
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