Évangile selon saint Matthieu (5, 13-16)
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? Il ne vaut plus rien : on le jette dehors et il est piétiné par les gens. Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
MISSION PHARE
Jésus pose d’entrée l’horizon pour ses auditeurs sur la montagne. Après la promesse de la vie heureuse, il expose à ceux qui l’écoutent la mission qui les attend. Plus qu’une mission, une fonction, et plus qu’une fonction, une identité.
Sel et lumière nous parlent de goût, de visibilité. Les citoyens du Royaume sont un repère pour le reste du monde, un phare pour l’humanité perdue, ballottée dans les affres de la suffisance, du désenchantement, de la brutalité, de l’injustice, de la loi débridée du talion, de l’aveuglement narcissique, du désir errant, du conflit larvé et de l’agression, du dénigrement et de la persécution. Jésus, par ses mots, baptise ses auditeurs et captive ses disciples. Il ne fait pas rêver, il révèle. Il révèle la faim et la soif de ce Royaume en attente au creux de chacun. Ses mots sont des pont levis. Ils partent à l’assaut de ce monde perdu et noyé dans l’inconsistance.
Les mots ont pris chair en Jésus et ils sont en quête d’autres territoires généreux pour y mettre le feu, le zèle du Royaume. Ces mots regardent le Père et y conduisent. Depuis ces mots, le monde prend visage heureux. Les béatitudes sont pour tous. Il en est qui vivent de cette nouvelle plus vite que d’autres, mais tous sont promis à cette joie.
Le Royaume n’a pas ses privilégiés. Jésus compte sur chacun pour devenir l’antenne relais de sa joie. Il rend chacun responsable de l’attraction du Royaume. “Pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis” (Jn 15:13). Pas de plus grande joie que de passer sa vie à donner goût et consistance à cette promesse de vie heureuse. Pas de plus grande joie que de dépenser sa vie à en éclairer et sauver d’autres. Aucune stratégie, juste l’expansion mécanique d’un secret de vie, d’un bonheur inoxydable. Un bonheur traversant, une échelle à deux pans dressée sur le chemin des épuisés. Les mots sont le marchepied tendu à notre désir enfoui. La lumière brille tout en haut du désert.
C’est ta voix Seigneur qui nous rejoint. C’est le goût de la joie qui nous revient, c’est l’exigence de la lumière qui nous tient. Oui, la vie est heureuse dans ton sillage. Et sur nos visages, c’est un peu du tien qui apparaît. C’est de ton cœur qu’il s’agit. La greffe est en cours.
Marie-Dominique Minassian
Equipe Évangile&Peinture
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