(…) Il y avait là un récipient plein d’une boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre à une branche d’hysope, et on l’approcha de sa bouche. Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit. Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi), il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat, d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque. Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes. Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l’autre homme crucifié avec Jésus. Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau. Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique ; et celui-là sait qu’il dit vrai afin que vous aussi, vous croyiez. Cela, en effet, arriva pour que s’accomplisse l’Écriture : ‘Aucun de ses os ne sera brisé.’ Un autre passage de l’Écriture dit encore : ‘Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé.’ (…)
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
JARDIN ENSEMENCÉ
À la lecture de la Passion selon Jean, tout semble éclater de vérité. Une vérité crue: les profondeurs des uns et des autres s’exposent au grand jour: la trahison de Judas, la violence puis la lâcheté de Pierre, les calculs de Hanne, la violence des soldats, l’ambiguïté de Pilate, la haine des juifs, des grands-prêtres et des gardes qui ont choisi de sacrifier l’innocent, les gardes qui s’attribuent le butin du condamné… on arrive au bout du récit, à bout de souffle comme Jésus qui se livre jusqu’au bout et dans une ultime relecture s’en remet à la prophétie des Écritures.
Ce drame absolu est un accomplissement. Il n’y a que lui qui pouvait dire cela à ce moment précis où, cloué sur la croix dressée par les hommes, il avait choisi de ne pas la fuir, il s’était laissé faire. Sa consistance de fils de Dieu transparaît à son arrestation. “C’est moi”. C’est renversant. Il donne une tout autre tournure à cette dramatique histoire et la retourne comme un gant à la dimension de l’événement.
Il est le maître de ce temps-là en train de s’accomplir en pleine déroute et misère humaine. Jésus tient le cap de la lumière qu’il était venu apporter à tous. Dans cette pleine lumière de la nuit des hommes, il sème le renouveau en pleine terre. Par sa croix dressée, le mal est débusqué et l’ultime beauté révélée. Dieu a visité son peuple et son peuple ne l’a pas reconnu. Mais non, pas tous… certains l’ont vu dans cette obscurité et l’ont abrité dans leurs cœurs, parfois disciples cachés.
La Parole désormais en silence discerne et sonde les reins et les cœurs depuis cette croix chargée de nos iniquités. Le fils de Dieu aura aimé jusqu’au bout. Il aura semé l’inaltérable amour dans ce jardin. Il irriguera toute les terres et tous les temps. Viendra l’aube pascale qui se lèvera sur tous nos jardins au bout de la nuit.
Marie-Dominique Minassian
Equipe Évangile&Peinture
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