Évangile selon saint Jean (10, 1-10)
En ce temps-là, Jésus déclara : « Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit. Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. » Jésus employa cette image pour s’adresser à eux, mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait. C’est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : Moi, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage. Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
LÉGITIME PASTEUR
L’image est parlante et le discours clair. Sans que ce soit une attaque frontale, Jésus remet chacun à sa place. Car il dérange le pouvoir en place.
Jésus cristallise les tensions. Son succès et les signes qui l’accompagnent font peur. Sa liberté vis à vis de la Loi irrite (Jn 5). La qualité de son enseignement parfois déroutant même pour ses propres disciples (Jn 6) frappe ses auditeurs, et rendent les gardes incapables de l’arrêter (Jn 7). Son non-jugement de la femme adultère met mal à l’aise (Jn 8). Son pouvoir de guérison dérange comme en témoigne la séquence avec l’aveugle-né (Jn 9). Jésus est en train d’acter une rupture nette avec tous ceux qui, en charge du troupeau, au contraire l’accablent.
Si le peuple reconnaît en lui leur vrai pasteur, c’est parce qu’il leur veut du bien. Il les soigne et les protège. Sa légitimité de pasteur se reconnaît là. C’est l’intention pastorale qui l’institue auprès de ses brebis qui reconnaissent l’amour que leur pasteur a pour elles. Par contraste, tout autre autorité prétendue est délégitimée.
C’est le vrai pouvoir qui se révèle par les actes. Par tout ce qu’il est, tout ce qu’il dit et fait, Jésus est une critique du pouvoir en place. Pour le coup, le jugement s’est exercé de lui-même. Les autorités et les pharisiens en reçoivent la lecture imagée. À mesure que Jésus se dévoile et se révèle dans sa proximité avec le peuple, les petits, les souffrants, le discrédit est jeté sur les autorités et ceux qui gèrent la Loi et la transforment en pesant fardeau. Cela signe son arrêt de mort. Mais son arrêt de vie est irrévocable.
Il est venu pour que tous nous ayons la vie en abondance. Et il a offert la sienne pour cela. Pas de parole plus légitime.
Marie-Dominique Minassian
Equipe Evangile&Peinture
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