Évangile selon saint Marc (13, 33-37)

Prenez garde, restez éveillés : car vous ne savez pas quand ce sera le moment. C’est comme un homme parti en voyage : en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et demandé au portier de veiller. Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin ; s’il arrive à l’improviste, il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis. Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

 

TEMPS FORT

Cet échange entre Jésus et ses disciples a de quoi les mettre en tension. Ils étaient dans l’extase devant la beauté du Temple et Jésus les ramène à une toute autre lecture du moment. Le Temple va être détruit. L’annonce a de quoi glacer.

Assis avec Pierre et André, Jacques et Jean, les premiers qu’il a appelés à le suivre, Jésus fait face au Temple, au Mont des Oliviers. À leur demande de signe, il leur déroule l’avenir. Une séquence rare. L’à-venir, c’est lui. Il ne peut pas leur dire comme ça, mais il condense en lui toute l’histoire. Ses mots sont les traits d’union entre ce monde qui passe et celui du Père qu’il rejoint. Il ouvre le temps à sa vocation ultime, tout comme pour le Temple devait ouvrir à la présence de Dieu.

C’est au Mont des Oliviers que ce passage va débuter. Jésus anticipe et embrasse tout ce qui va s’y dérouler. Et c’est entouré de ses plus proches qu’il le fait. Ils ne sont pas encore à la hauteur de cette histoire, mais ils comprendront après. Ils y seront plongés bientôt. Ils n’ont pas encore vécu cette Pâque du temps, cet embrassement de tout ce qui vient qui les libèrera de toute peur pour leur vie.

La splendeur et l’émerveillement suscité par le Temple passeront. L’histoire est en cours. Et c’est Jésus qui en est le fil. Il les introduit dans son heure, dans ce temps qui les concerne. Ils ne peuvent plus être pris au dépourvu. Quand on leur enlèvera leur maître, il faudra bien qu’ils se saisissent de ce pan de l’histoire et qu’ils deviennent ce fil à leur tour pour d’autres. Nous ne sommes pas introduits dans les secrets du maître pour mieux nous en tirer mais pour mieux entrer dans ce que son heure commande.

Ouvrir sa porte au Maître du temps c’est entrer par la fin dans l’histoire. C’est une histoire heureuse. C’est une venue qui illuminera tous ceux qui voudront bien l’accueillir. C’est une histoire d’hospitalité. Dieu ne vient pas un jour du temps. Il vient chaque jour qu’il nous donne pour entrer dans le temps de sa rencontre. Il n’en est pas d’autre. Dieu vient et c’est maintenant. Et ça change toute la face du temps. Sous quels traits? Derrière quel visage ? Nous voici en tension! Dieu déroule l’à-venir. C’est l’heure du martyre. C’est maintenant qu’il nous faut servir son histoire, faire passer à table la foule des bien-aimés de Dieu. Et il n’y a pas à calculer: c’est pour tous !

 

Marie-Dominique Minassian
Equipe Évangile&Peinture

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