Évangile selon saint Luc (10, 1-12.17-20)

En ce temps-là, parmi les disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre. Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin. Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘Paix à cette maison.’ S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous. Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté. Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : “Le règne de Dieu s’est approché de vous.” » Mais dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, allez sur les places et dites : “Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous l’enlevons pour vous la laisser. Toutefois, sachez-le : le règne de Dieu s’est approché.” (…)

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

 

OUVRIERS PRÉCURSEURS

Il y avait un homme dans le désert, Jean-Baptiste, qui avait préparé les chemins du Seigneur. On venait à lui pour l’écouter et savoir ce qu’il fallait faire pour entrer en communion avec Dieu. Lui-même avait été « envoyé » par Jésus au moment de la Visitation, Marie et Elisabeth vivant la même grâce de porter un enfant en leur sein. Les deux enfants avaient vibré quand Marie était entrée dans la maison d’Elisabeth. Le tout premier mot prononcé par Marie était « La paix soit avec toi ». Salutation d’usage mais toute remplie de la présence de cet enfant qui se formait en elle. Elisabeth avait alors reconnu la « comblée de grâces » qui venait d’arriver chez elle. La suite, nous ne la connaissons pas. Nous savons seulement que Marie est restée là trois mois avant de repartir chez elle. Nul doute que les deux femmes ont essayé d’entrer ensemble dans cette nouveauté immense qui s’est invitée dans leurs vies.

À la manière de Marie et de Jean-Baptiste, les disciples sont envoyés par Jésus pour vivre eux aussi une visitation. Cette grâce qu’ils portent en eux, c’est quelqu’un qui a croisé et changé leurs vies. On ne va plus au désert chercher la réponse à nos questions existentielles, c’est désormais la grâce qui va, par eux, de maison en maison. Une double reconnaissance s’y joue. Pour les disciples, sans aucun doute la conscience de la puissance de vie qui est entre leurs mains. Pour les maisons visitées, la paix et la joie d’une vie renouvelée, délivrée de l’inquiétude et de la maladie.

Pourquoi envoyés deux par deux ? Parce que c’est l’amour qui le requiert: joies et peines ne se portent pas seul, et aussi parce que la paix doit se voir à l’œuvre dans la vie des témoins. À la dureté de la mission correspond l’amour fraternel qui la porte. On pourrait être dépouillé de tout sauf de ce trésor inaliénable logé dans le cœur et résistant à toutes les tempêtes.

Bienheureux ces deux-là envoyés pour vivre à ce point-là. Ils ont un jour reconnu l’amour sur leur chemin et n’ont plus rien voulu d’autre. Ne ratons pas pareille visitation !

 

Marie-Dominique Minassian

Equipe Évangile&Peinture

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Méditation en PDF: https://www.evangile-et-peinture.org/wp-content/uploads/2025/07/News_14eme-di-TO-C_20250706.pdf

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