Évangile selon saint Luc (17, 5-10)

En ce temps-là, les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! » Le Seigneur répondit : « Si vous aviez de la foi, gros comme une graine de moutarde, vous auriez dit à l’arbre que voici : “Déracine-toi et va te planter dans la mer”, et il vous aurait obéi. » « Lequel d’entre vous, quand son serviteur aura labouré ou gardé les bêtes, lui dira à son retour des champs : “Viens vite prendre place à table” ? Ne lui dira-t-il pas plutôt : “Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et boive. Ensuite tu mangeras et boiras à ton tour” ? Va-t-il être reconnaissant envers ce serviteur d’avoir exécuté ses ordres ? De même vous aussi, quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné, dites : “Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir.” »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

 

SERVICE COMPRIS

Ils sont touchants dans leur demande, ces apôtres… Mais il faut reconnaître que Jésus aussi est touchant de confiance en eux. C’est peut-être là le point de départ du miracle de la foi. Son enracinement solide dans la foi que Jésus met en eux pour surmonter la grande étape, l’étape de vérité que sera la croix.

Ils rêvent peut-être encore de pouvoir, d’honneur, de prestige et de privilèges… ils voient, depuis le temps qu’ils cheminent avec lui, des choses extraordinaires. Ils voient aussi les oppositions se lever. Est-ce l’indicateur qu’ils sont simplement dépassés? « Apprends-nous à prier » lui avaient-ils demandé précédemment… peut-être sont-ils simplement débordés par leur maître et qu’ils ne voient pas le bout du chemin? Difficile à voir ou à envisager et pourtant il en parle… il y aura un moment où ils seront seuls. Peut-être est-ce une manière de s’y préparer? Difficile en tous les cas d’envisager la croix. Difficile de voir après la croix. Difficile d’entrer dans la vision grand angle de ce maître qui parle de pardon à l’infini. Car c’est bien ce qui précède cette demande des apôtres. Cela relève certainement du miracle d’arriver à vivre à ce niveau de grâce.

Mais Jésus ne veut pas faire de ses disciples des orgueilleux, des contemplatifs de leurs pouvoir d’être et d’agir. La foi n’est pas un couvre-chef. C’est un tablier de service. La foi de Jésus en ses disciples va leur faire accomplir de plus grandes choses encore. Orphelins de leur maître, ils entreverront enfin le sens de ces paroles et partiront proclamer à l’infini ses merveilles. Ils étaient morts et ils sont devenus des vivants, serviteurs intrépides du Vivant de Pâques, déliés d’eux-mêmes et de leur besoin d’exister devant les autres.

Jésus fait passer à table ses disciples. Il y est passé en premier parce qu’il lui fallait montrer la route du corps et du sang offerts pour la vie du monde. L’aventure de la foi commence là, à la table du maître qui nous invite à entrer dans sa joie de servir la vie. Le miracle de la foi commence là. Alors c’est oui pour tout ! C’est oui sans retour, c’est oui sans honneur. Avec ce oui, Jésus s’occupe du reste. Il se pourrait bien qu’il accomplisse quelques miracles…Laissons-le faire. Il sait, lui, ce qu’il faut faire. « Faites tout ce qu’il vous dira », disait Marie à Cana. Parce que maintenant, c’est l’heure de la foi.

 

Marie-Dominique Minassian

Equipe Évangile&Peinture

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Méditation en PDF: https://www.evangile-et-peinture.org/wp-content/uploads/2025/10/News_27eme-di-TO-C_20251005.pdf

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