Évangile selon saint Luc (18, 1-8)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples une parabole sur la nécessité pour eux de toujours prier sans se décourager :« Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait pas Dieu et ne respectait pas les hommes. Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander : “Rends-moi justice contre mon adversaire.” Longtemps il refusa ; puis il se dit : “Même si je ne crains pas Dieu et ne respecte personne, comme cette veuve commence à m’ennuyer, je vais lui rendre justice pour qu’elle ne vienne plus sans cesse m’assommer.” » Le Seigneur ajouta : « Écoutez bien ce que dit ce juge dépourvu de justice ! Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit? Les fait-il attendre ? Je vous le déclare : bien vite, il leur fera justice. Cependant, le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

 

TEMPS LONG

Voilà que Jésus met le doigt sur une faille bien réelle. Il faut bien reconnaître que nous ne sommes pas en tout à fait calibrés pour le Royaume. Notre langage n’est pas toujours celui de l’assurance sereine que Dieu est là et qu’il veille en tout sur nous tous. Dieu est par-delà le temps et l’espace. Et nous, c’est bien ce qui nous caractérise, nous sommes dans le temps et l’espace.

La prière, c’est ce canal qui perce de part en part les limites du créé et l’introduit dans le Royaume. Avec cette parabole, Jésus est en train de dire à ses disciples qu’ils ont un super pouvoir: celui d’infuser le Royaume sur la terre. Ce qui semble être à première vue l’arme du faible se révèle être l’épreuve d’endurance digne d’un marathonien. Être disciple du Christ, c’est entrer dans la prière adressée au Père qui n’a rien d’un juge sourd. Mais le Père que nous prions nous révèle à nous-mêmes. Il nous détache en vue d’un plus. Nous ne sommes plus seulement tournés vers ce qui nous occupe, mais nous entrons, par le silence et l’attente, dans la considération plus grande de ce que Dieu veut.

La prière élargit le cœur des disciples et les porte au-delà de l’espace et du temps. C’est le souci de Dieu qui les envahit, son cœur de Père qui colore tout. Les disciples du Père ne vivent plus pour eux-mêmes mais pour celui dont ils aspirent à la présence et à l’action. Ce n’est pas Dieu qui est au banc des appelés, ce sont les intercesseurs. Il est un dôme de fatalisme qui peut être vaincu par l’espérance née au pied de la croix. Nous savons désormais que le dernier mot du Père à son Fils a été de lui redonner la vie. Il est le Dieu des vivants.

Perçons donc le plafond de nos pensées enfermées sur nos seuls possibles. Dieu attend nos rêves les plus fous pour faire déferler les éclats du Royaume sur l’aujourd’hui de nos attentes. C’est ici et maintenant que Dieu nous attend pour créer ensemble l’éternel qui nous fera croire au Royaume. Ouvrons nos cœurs… Parce qu’il est désormais comme Dieu: pour tous.

 

Marie-Dominique Minassian

Equipe Évangile&Peinture

https://www.evangile-et-peinture.org

Méditation en PDF: https://www.evangile-et-peinture.org/wp-content/uploads/2025/10/News_29eme-di-TO-C_20251019.pdf

Views: 15