Évangile selon saint Jean (10, 11-18)

En ce temps-là, Jésus déclara : « Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis. Le berger mercenaire n’est pas le pasteur, les brebis ne sont pas à lui : s’il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s’enfuit ; le loup s’en empare et les disperse. Ce berger n’est qu’un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui. Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis. J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur. Voici pourquoi le Père m’aime : parce que je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau. Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau : voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

 

RECONNAISSANCE MUTUELLE

Le bon, le vrai… le critère de reconnaissance est simple. Le don est la marque de la relation entre le berger et les brebis. Le berger donne sa vie pour elles. Elles sont une part de lui-même. Elles ne sont pas possédées de l’extérieur. C’est une relation charnelle, intime. L’imposteur, en revanche, en reste à la façade et à l’extériorité, dans la considération de gain et de perte. Le danger est le test de vérité. Les faux-semblants s’évaporent et laissent place à la lâcheté. L’imposteur déserte et révèle le fond de ses motivations.

Au contraire, le bon et le vrai se vérifient dans le don. Le don n’est pas la gratuité, mais l’expression du lien. Le don est la matérialisation d’un engagement sans prix. Il est l’expression d’une volonté libre, puisant sa force dans une autre relation plus puissante. C’est elle qui configure tout. Tout en découle. Le lien fontal se duplique et solidifie tout ce qu’il embrasse. Il devient un appel, une aspiration, une attraction, une reconnaissance mutuelle.

Cette part de soi qu’est l’autre n’est pas un effet de style. S’enfuir de cette mutuelle dépendance n’est dès lors plus une tentation. C’est au contraire vivre depuis cette liberté extrême d’une existence qui n’en finit pas de couler à mesure qu’on la donne, de s’éprouver dans l’inépuisable de la source à laquelle elle s’abreuve.

Autre marque du bon et du vrai : cette ouverture à la source se décline dans la capacité d’embrasser large. Toute personne peut trouver abri dans la bonté et la vérité de l’amour. Un abri sûr et permanent garanti par la source qui ne fera jamais défaut. Fontaine d’eau vive, la résurrection n’est pas un événement ponctuel mais une restauration et une recréation continue. Nous sommes pris dans ce lien indéfectible. Le Fils de Dieu a fixé pour toujours la boussole de notre humanité bousculée. Cap sur le don !

 

Marie-Dominique Minassian
Equipe Évangile&Peinture

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