Évangile selon saint Jean (13,31-33a.34-35)

Au cours du dernier repas que Jésus prenait avec ses disciples, quand Judas fut sorti du cénacle, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt. Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me chercherez, et, comme je l’ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez pas aller”, je vous le dis maintenant à vous aussi. » Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

 

AMOUR MUTUEL

Il y a parfois des mots qui nous empêchent d’entrer dans leur souffle. Le mot gloire en est un. Parce que nous l’entendons « à l’horizontale ». Nous le comprenons comme le fait de se gorger de l’attention et de l’admiration des autres, un concentré d’existence valorisé par le regard du plus grand nombre. Rien à voir donc avec la gloire de Jésus.

Il nous remet la gloire « à la verticale ». Le seul regard qui l’engendre et dont il dépend est celui de son Père. C’est de lui que découle sa vie. Tout en lui n’est que regard, écoute et restitution. Sa gloire lui vient de son Père. Et vice versa. Ils ne font pas nombre. C’est la circulation d’un seul et même amour qui ne souffre d’aucune éclipse. Jésus ne s’en attribue rien. Il en est le reflet. Il est tout obéissance. Sa clarté et sa densité d’être sont d’accomplir la loi d’amour de son Père. Il n’y a rien d’autre en Jésus.

Sa consistance vient du Père et y renvoie. Il n’a rien en propre, pas même ses disciples reçus de sa main. Il ne saurait se les attribuer. Si bien qu’au moment où se clarifie pour lui le chemin de son retour au Père par la croix, il invente un geste nouveau. Ou plutôt, il investit le geste du serviteur d’un sens nouveau. Il le remet à la verticale. Il le divinise et l’éternise. Il en fait le sacrement nouveau des disciples nés de son étreinte avec le Père. Il en fait la marque visible.

Se recevoir d’un tel amour provoque au don, au geste du serviteur. Pas d’autre gloire pour le disciple que d’épouser le geste de Jésus. Pas d’autre consistance que d’entrer en circulation d’amour. La gloire « debout », c’est le disciple agenouillé aux pieds de ses frères et sœurs. À ceci vous les reconnaîtrez comme mes disciples… c’est le geste d’identification. La glorification est imitation et ressemblance, mutualité d’amour en perpétuelle sortie. Rien d’enkysté. Le mouvement vient de loin et y retourne. Comme Jésus. Puissions-nous ne rien retenir ni obscurcir de ce geste de lumière.

 

Marie-Dominique Minassian

Equipe Évangile&Peinture

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