Évangile selon saint Jean (14, 15-21)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples: « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous. l’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous. D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi. En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous. Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

 

GARDE SALUTAIRE

Voilà un critère simple offert par Jésus à ses disciples dans les tous derniers propos qu’il leur a adressés. Il vient de leur laver les pieds lors de leur dernier repas. Un geste tellement surprenant voire incompréhensible pour certains… et pourtant Jésus vient de leur livrer la parole la plus essentielle pour une vie. “Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés”.

À genoux devant ses disciples, il leur apprend le geste vital. Il habite le geste du serviteur, le visibilise et lui donne valeur de sacrement. Entrer dans le geste de Jésus, le prolonger de toute sa vie, l’habiter de tout son cœur, c’est à cela qu’il appelle ses disciples. Jésus l’apprend à ses plus proches. Le Bx Christian de Chergé, prieur des moines de Tibhirine commente: “Prendre un tablier comme Jésus, cela peut être aussi grave et solennel que le don de la vie… et vice versa, donner sa vie peut être aussi simple que de prendre un tablier.” Prendre comme Jésus le tablier de service, c’est cela garder son commandement, c’est cela l’aimer. C’est accueillir sa vie, son style, se laisser habiter par son grand désir que nous ayons la vie et que nous l’ayons en plénitude. De même que Jésus recevait sa vie de son Père, de même il nous conduit à cette source vive. C’est du coeur du Père, dans la prière, que se reçoit l’Esprit, la force de vie qui relie tous ceux qui se tournent vers lui. Cette promesse que Jésus fait à ses disciples à la veille de vivre sa Pâques, est promesse de n’être jamais seul. C’est aussi la promesse de le revoir.

Croire, c’est voir. Jésus affine le regard de ses disciples. Il les entraîne à voir plus loin. Il crée en eux la mémoire de leur avenir: reliés à lui et à son Père dans l’Esprit. Aux heures les plus noires, sur le seuil de la désespérance, c’est cette mémoire que le Crucifié-Ressuscité va venir activer chez les siens. Il va leur rappeler que leur consistance dépend de ce lien. Que c’est dans l’Esprit désormais que leur vie va aller puiser sa vitalité, sa pertinence, sa résistance.

Nous héritons de cette parole, de cet appel à la vie, de ce lien que Jésus à voulu et tissé avec chacune, chacun d’entre nous pour que l’amour s’empare définitivement de nos vies et fasse de nous des frères et des sœurs en tablier de service à toute heure du jour et de la nuit. La permanence de l’amour de Dieu nous permet de nous avancer sur ce chemin. C’est ainsi que nous le verrons vivant dans le geste qu’il nous a appris et que nous nous transmettons de proche en proche.

 

Marie-Dominique Minassian

Equipe Evangile&Peinture

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