Évangile selon saint Jean (15, 9-17)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. » Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

 

OBÉISSANCE PATERNELLE

Quelle condensation dans ce passage d’Évangile ! Tout est là dans la concentration de notre regard sur ce qui fait la vitalité et la force de Jésus: sa relation avec son Père et son grand désir de nous livrer son secret de joie.

Tout est là dans le continuum entre la source et nous. Fontaine d’eau vive, comment ne pas lui faire obstacle?

Jésus nous situe dans l’axe du Père. Sa filiation parfaite et son obéissance au Père s’épanouit en amitié pour tous. Pour ne pas quitter ce flot de vie, il faut se laisser configurer par lui. Pour ne pas être déserté par l’amour, il faut le laisser nous envisager et nous transformer.

L’amour de Jésus pour son Père nous introduit dans l’espace d’abondance qui existe entre eux. Tous les possibles existent dans l’amour. Entrer dans cet espace, c’est devenir obéissant à l’amour, donner sa vie pour qu’il poursuive sa course jusqu’au dernier des hommes et des femmes. C’est une histoire qui dure et traverse nos existences. L’incarnation est en marche et nous emporte. L’amour se saisit de nos visages désormais pour raconter la bonté du Père. Dieu, personne ne l’a jamais vu, mais nos vies le regardent et en témoignent.

Reflet authentique du Père, le Fils nous introduit dans son style. L’amour nous fait comprendre et demander ce que l’autre désire. La prière n’est rien d’autre que cette communication et cette communion intime. Et l’obéissance mutuelle est l’indice de cette parfaite adhésion. Connaître, c’est aimer, et aimer c’est communier, obéir à cette lame de fond qui soulève la vie et la place dans l’orbite du don libre que nous pouvons en faire afin que le Père en dispose. La prière, c’est reconnaître et vivre du don permanent qu’il nous fait. C’est apprendre à parler son langage. C’est donner corps à l’amour.

L’obéissance du Père à son Fils nous atteint, nous embrase et nous envoie inclure pareillement dans son feu d’amour tous ceux qui nous entourent. De proche en proche, Seigneur, ton identité nous gagne, ton amour nous stabilise et nous déploie. Ta prière nous transperce et nous éternise. Cap sur le don !

 

Marie-Dominique Minassian
Equipe Évangile&Peinture

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Méditation en PDF:https://www.evangile-et-peinture.org/wp-content/uploads/2024/05/News_-6e-Di-Paques-B_20240505.pdf

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