Évangile selon saint Luc (6, 39-45)
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples en parabole: « Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? Ne vont-ils pas tomber tous les deux dans un trou ? Le disciple n’est pas au-dessus du maître ; mais une fois bien formé, chacun sera comme son maître. Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ? Comment peux-tu dire à ton frère : “Frère, laisse-moi enlever la paille qui est dans ton œil”, alors que toi-même ne vois pas la poutre qui est dans le tien ? Hypocrite ! Enlève d’abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère. » Un bon arbre ne donne pas de fruit pourri ; jamais non plus un arbre qui pourrit ne donne de bon fruit. Chaque arbre, en effet, se reconnaît à son fruit : on ne cueille pas des figues sur des épines ; on ne vendange pas non plus du raisin sur des ronces. L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon ; et l’homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais : car ce que dit la bouche, c’est ce qui déborde du cœur.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
PLEIN COEUR
Inutile de s’étonner qu’à la veille de l’entrée en carême, la liturgie nous situe d’entrée dans le lieu même de ce sanctuaire qu’est le cœur. Nous entendons en écho le Pape François dans sa dernière encyclique en faire la clé de voûte de l’attention et de la vie de l’Église. En revenir au cœur pour en scruter les maladies, mais surtout pour y rencontrer le médecin et le maître. Revenir au cœur pour gagner en présence, en regard, en délicatesse, en fraternité.
Rien de plus personnel que le cœur. Sa garde est aussi la garantie de relations heureuses et fructueuses. Rien de plus communautaire que le climat entretenu par un cœur relié au maître, à sa sensibilité. Nous nous en prenons sûrement à rêver d’avoir un cœur comme celui de Dieu. C’est même une vocation pour qui l’aime. La formation du disciple n’a rien d’extérieure. Elle est attraction vers le cœur et retournement. Celui qui habite son cœur n’a plus besoin d’autre lumière.
Le cœur bien formé est celui qui s’est laissé rencontrer par Dieu, qui s’est laissé orienter, inspirer. Rien de plus libre que ce cœur-là qui n’oublie pas sa source et s’y désaltère en toutes circonstances. La ressemblance nous attend, nous attire. Ce cœur-là reste à sa place, ne prétend rien, n’aspire à rien d’autre que cette respiration du tiers aimant qu’est Dieu. Il fait bon s’offrir au désir de ce coeur-là, de cette intimité, de cette justesse, de cette bonté. Dieu seul est bon. Mais de sa bonté nous vivons.
Alors viens, Seigneur Jésus, viens nous accompagner sur nos chemins aveugles, mets-nous à la table d’Emmaüs. Restaure en nous la joie de la marche commune vers toi seul qui peux nous restituer à nous-mêmes: cœur, langue et mains ordonnés à ton cœur, l’unique boussole.
Marie-Dominique Minassian
Equipe Évangile&Peinture
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Méditation en PDF: https://www.evangile-et-peinture.org/wp-content/uploads/2025/03/News_8e-di-TO-C_20250302.pdf
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