Évangile selon saint Matthieu (3, 13-17)

Alors paraît Jésus. Il était venu de Galilée jusqu’au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui. Jean voulait l’en empêcher et disait : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! » Mais Jésus lui répondit : « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. » Alors Jean le laisse faire. Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

 

LÂCHER PRISE

L’histoire est en marche. Après l’Annonciation à Marie, il y eut la Visitation à Elisabeth. Les deux enfants avaient bondi de joie dans le ventre de leurs mères. Les voici maintenant adultes. Une nouvelle visitation met en présence les deux hommes. L’un comme l’autre ont conscience que quelque chose de plus grand se joue au-delà de la situation.
Le baptême de Jean semble dérisoire, décalé, devant Jésus qui veut s’y soumettre. Il y a quelque chose à lâcher: ce sentiment que les choses ne sont pas ajustées. C’est vrai. C’est Jésus qui s’y ajuste. L’incarnation nous avait déjà donné ce sentiment-là. Dieu dans un enfant. Dieu fait homme. C’est l’inattendu de l’histoire. Marie et Joseph avaient dû lâcher prise eux aussi. Comment résister à l’histoire sainte en marche ? L’amour avait choisi de grandir parmi les hommes pour gagner leurs cœurs, discerner leurs âmes.
Dans cette Visitation Jean vit la charnière de l’histoire. Il y a comme un renversement qui s’y joue. C’est une Annonciation qui survient. Mais ce n’est plus l’ange. Cette voix venue du ciel et qui assume sa paternité, c’est Dieu lui-même qui envahit la terre de son ciel et l’embrasse de toute éternité pour lui faire partager sa joie. Oui, l’histoire est en marche.
Aujourd’hui Jésus nous baptise avec lui pour que nous ayons en nous l’amour et que nous fassions la joie du Père. Aujourd’hui notre vocation s’illumine. Le mystère nous libère de nos schémas étriqués. Dieu peut tout. Et si c’était vrai ? Laissons-le faire. Il faut qu’il grandisse et que nos résistances diminuent. Dieu plus grand nous attend. Laissons-le faire, laissons-nous porter d’Annonciations en Visitations jusqu’au Magnificat qui ne s’éteint pas.

 

Marie-Dominique Minassian

Equipe Évangile&Peinture

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Méditation en PDF: https://www.evangile-et-peinture.org/wp-content/uploads/2026/01/News_Bapteme-A_20260111.pdf

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