Évangile selon saint Luc (1, 1-4.4, 14-21)
Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : ‘Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur.’ Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : ‘un couple de tourterelles ou deux petites colombes.’ Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait, Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. » Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. » Il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très avancée en âge ; après sept ans de mariage, demeurée veuve, elle était arrivée à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem (…)
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
ULTIME GRÂCE
C’est un jour heureux pour Syméon. Son cœur peut se réjouir. Sa vieillesse et son attente ont été récompensées. Il a cru à cette parole qui a marqué sa vie de croyant et le voilà qui tient en ses bras la promesse qui fera le bonheur de tout le peuple.
Oui, il y a de quoi être bouleversé. Petite épiphanie en ce jour de la présentation de Jésus au Temple. L’accomplissement des Écritures et de la promesse de Dieu est en marche. Son salut est entré dans le temps. L’irréversible marche du monde vers la lumière est inaugurée par l’Enfant qui est la lumière venue dans le monde pour que tous puissent revenir au Père. Oui, il est donné à Syméon et Anne de voir plus loin: de voir le peuple en colonne s’extraire enfin du désert et s’acheminer vers le torrent de joie du Royaume. Il a été donné à certains cette vision heureuse d’une humanité réconciliée, réfugiée dans le cœur du Père. Affranchis de l’histoire fratricide qui n’a cessé de marquer les peuples, les hommes et les femmes, avec Syméon et Anne, entrent dans une nouvelle ère.
La liturgie n’est plus abstraite. Ils tiennent dans leur bras celui qui les a consacrés en s’offrant à leur espérance et à leur foi. Cet enfant a le pouvoir de changer le cours des choses. Le rideau du Temple s’est déchiré ce jour-là. Le mystère a pris chair. Il a les traits d’un enfant. Il a pris à témoin le temps, et l’a mis à son service. La géographie divine embrasse désormais la chair qui reçoit sa vocation. Joseph et Marie sont les témoins ébahis des merveilles de Dieu.
De génération en génération se transmet cet étonnement et cette foi bouleversée. Dieu ne s’est pas dédit. Le salut, c’est aujourd’hui. Le temps n’est plus spectateur. Il est facteur de mûrissement. Il est porteur de réalisation. Et il donne à son peuple d’aller jusqu’au bout de cette écoute. Marie et Joseph sont nos maîtres en écoute de la Parole et de la promesse. Ils savent que Dieu fait ce qu’il dit. L’écoute perturbée depuis la Genèse a trouvé son remède. La surdité rencontrée par les prophètes est vaincue par l’Enfant qui fait sourire les cœurs. Le temps du salut est ouvert. C’est l’heure de la grâce dit le psalmiste. C’est l’heure du cœur.
Marie-Dominique Minassian
Equipe Évangile&Peinture
https://www.evangile-et-peinture.org
Méditation en PDF: https://www.evangile-et-peinture.org/wp-content/uploads/2025/02/News_Presentation-au-Temple-C_20250202.pdf
Views: 5