Évangile selon saint Jean (6, 51-56)
En ce temps-là, Jésus disait à la foule : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. » Les Juifs se querellaient entre eux : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi. Tel est le pain qui est descendu du ciel : il n’est pas comme celui que les pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. ».
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
COMMUNION VITALE
La vie se transmet d’une seule manière. Elle ne se vend pas, ne s’achète pas: elle se donne. Elle se transmet depuis la source. Le Père donne sa vie au Fils qui la donne au monde. Pour entrer dans la vie, il faut donc cet acte premier de la recevoir. Puis, pris par son élan propre, la transmettre en la donnant.
Tout l’être de Jésus est façonné pour cet échange. Corps et âme sont le réceptacle de l’amour du Père. Corps et âme sont la matière de cet amour dont la nature est de s’offrir. En recevant cet amour en soi, l’être participe de cette cascade d’amour. Tout notre être reconnaît en Jésus quelque chose de cette vocation profonde. Tout son être nous apprend que nous sommes faits pour entrer dans cet écoulement de soi qui le caractérise. Jésus nous apprend ce que nous pouvons devenir en nous branchant à sa source. Il nous reflète notre vocation au don. Il nous apprend que nous pouvons devenir nourriture pour les autres. Il nous en souffle le désir.
“Tu seras pêcheur d’hommes”, avait-il dit à Pierre. Que pouvait-il comprendre de cette parole ? Nous la saisissons maintenant. En devenant le réceptacle du don de Jésus nous devenons à notre tour l’espace propre du Père et du Fils, la trace et le souffle de leur aspiration à la vie pour tous. L’élan nous traverse et saisit tous ceux que nous rencontrons. Nous devenons nourriture pour tous ceux qui aspirent même sans le savoir à la vie qui ne s’éteint pas.
C’est l’amour qui nous fait nourriture, pain sur le chemin de la vie, don sans retour qui ne s’épuise jamais. Rien ne peut arrêter ce geste. Il ne se reprend pas. Il est une brèche dans notre quotidien monétisé, un levier puissant qui brille comme le soleil et se transmet aux générations suivantes. Le don ne souffre aucune réduction. Il éternise tout ce qu’il touche. Il sauvera le monde.
Marie-Dominique Minassian
Equipe Evangile&Peinture
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