Évangile selon saint Mathieu 28,16-20.

En ce temps-là, les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre. Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes. Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

 

BAPTÊME PERPÉTUEL

Voici donc revenu le temps dit « ordinaire » et pourtant rien de plus extraordinaire que cette fête et ce texte pour nous y introduire. C’est le temps de l’Église. C’est le temps des disciples à l’image de ces apôtres, communauté amputée de son rabbi et de celui qui l’a livré aux autorités, communauté blessée d’avoir déserté aux heures sombres, communauté reconstituée par le Ressuscité, et désormais mandatée, envoyée pour une mission qui la dépasse, déborde le temps et nous atteint sans que nous sachions très bien ce qui nous échoit tellement la parole est forte.

La scène a quelque chose d’éternel. Jésus s’approche. Jésus se fait proche. Sa première parole n’a pas de mots. Il offre sa proximité. Nous entrons dans son périmètre de bonté. Et puis viennent ses mots qui tels des flèches transpercent nos cœurs installés. Il nous place d’entrée dans son orbite entre ciel et terre, dans son pouvoir d’aimer sans limite. Il est notre appui, notre prise d’élan, notre légitimité, notre raison de partir, de nous quitter nous-mêmes pour embrasser sa vie, sa joie, son projet afin que tous aient sa vie et qu’ils l’aient en plénitude. Nous devenons son visage et la chair de son message.

Pas d’autres bonheur que toi, Seigneur ! Ton baptême, c’est d’être relié à toi, de vivre de ta vie et de n’en rien retenir pour que tes paroles s’écoulent sur le monde qui en a soif et aussi sur tous ceux qui n’en n’ont même plus l’espérance. Ton baptême, c’est de vivre à partir de toi et de te laisser aimer à travers nous ce monde que tu as fait. Nous sommes un débordement de ton cœur et tu nous donnes à notre tour mission de débordement. Ton envoi nous guérit et nous sauve de nous-mêmes. Tu nous as jugés dignes de cette parole. Tu la sais en des mains fragiles et tu nous envoies en contempler la puissance chez les autres. Tu nous missionnes pour devenir chaque jour davantage des croyants, en contemplant ta beauté chez ceux qui te reçoivent.

Tu nous envoies recevoir en ton nom l’hospitalité. Car ton secret, ta force, c’est la vie au pluriel, Père, Fils, Esprit, unité féconde dans la mutualité et la circularité. Tu nous y plonges pour que la terre prenne goût de ciel. Alors… Cap sur le monde !

 

Marie-Dominique Minassian
Equipe Évangile&Peinture

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